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Nouvelle tactique d’Ansarallah

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Tout au long de ces trois dernières années, l’armée et les Comités populaires (Ansarallah) du Yémen ont infligé de lourds dégâts aux militaires agresseurs pro-Riyad sur le champ de bataille. Mais désormais, avec la frappe de l’aéroport international de Dubaï, cœur économique des Émirats arabes unis, les forces conjointes yéménites ont mis à leur ordre du jour la tactique d’attaque des secteurs infrastructurels et économiques du pays.

Les drones Samad-3 ont attaqué, lundi 27 août, l’aéroport international d’Al-Maktoum à Dubaï, lui imposant des dégâts considérables. L’attaque a été tellement précise et préméditée que plus de 95% des vols ont été suspendus.

Bien que les autorités émiraties aient démenti cette attaque pour ainsi cacher ses impacts sur le départ des capitaux étrangers et la chute de la valeur de la bourse de Dubaï, toutefois les dommages infligés ont été si importants et si graves que les experts l’ont confirmée.

Le raid contre l’aéroport de Dubaï est intervenu un mois après celui mené par des drones Samad-3 contre l’aéroport d’Abou Dhabi où la circulation aérienne a été suspendue pendant des heures.

Cette attaque a également eu lieu un jour après qu’un navire de guerre saoudien Dammam a été visé dans la mer Rouge, défiant la coalition d’agression saoudo-émiratie.

En effet, tout comme l’attaque à Dubaï, les responsables émiratis ont dissimulé la frappe menée contre l’aéroport d’Abou Dhabi, prétendant qu’un véhicule cargo aurait percuté le bâtiment numéro 1 de l’aéroport. Une semaine auparavant, les drones de l’armée et d’Ansarallah du Yémen avaient pris pour cible un réservoir de la raffinerie d’Aramco à Riyad.

Ces attaques sont, en leur genre,  sans précédent, mais ce qui les rend de plus en plus importantes est que les capacités de représailles de l’armée et d’Ansarallah contre la coalition saoudienne sont désormais incontestables.

Réagissant aux attaques au drone d’Ansarallah contre l’aéroport de Dubaï, le porte-parole de l’armée de l’air yéménite Abdallah al-Jaafari a souligné : « L’aéroport international de Dubaï, étant le cœur vital et économique des Émirats, a été visé. Désormais la guerre politico-militaire a cédé la place à une guerre économique. Les agresseurs ont détruit les centres économiques et les infrastructures du Yémen et nous avons mené des représailles. »

De son côté, le général Sharaf Luqman, porte-parole de l’armée yéménite a déclaré que « nos drones visent les ennemis, ce qui leurs inflige des préjudices et cloue au sol leurs avions ».

« En raison de la censure médiatique, les Émirats arabes unis n’annoncent pas les dégâts causés à l’aéroport de Dubaï. Mais nous, nous annonçons que tout le pays (Émirats arabes unis, NDLR) s’est transformé en nos « cibles légitimes ». Nous avertissons les investisseurs étrangers de quitter le pays », a-t-il indiqué.

De l’avis des observateurs politiques de la région, les attaques contre deux pôles économiques des Émirats, à savoir Dubaï et Abou Dhabi ainsi que le défi lancé à l’adresse des investisseurs étrangers présents dans ce pays, témoignent tous du fait que les menaces des Yéménites sont très sérieuses.

La poursuite des attaques contre les secteurs infrastructurels des Émirats pourra considérablement baisser le taux d’investissements étrangers et déclencher la fuite des capitaux.

Si cela se produit, les bourses d’Abou Dhabi et de Dubaï accumuleront des difficultés et chuteront sans aucun doute et l’économie émiratie souffrira de plus en plus. Selon un rapport des centres d’études du Moyen-Orient, la guerre au Yémen coûte annuellement quelque 16 milliards de dollars, soit 1.3 milliards de dollars par mois. Ces frais s’ajoutent aux sommes d’argents versées sur les comptes d’autres pays pour soutenir la coalition saoudo-émiratie dans son offensive d’envergure inhumaine contre le Yémen.

Les experts estiment également que les attaques au drone contre les centres économiques des pays membres de la coalition pro-Riyad auront des résultats positifs sur le dialogue politique sur l’avenir du Yémen, redoublant ainsi leur pouvoir de marchandage politique.

Le 13 juin dernier, les Émirats arabes unis ont lancé une vaste offensive sur la côte ouest du Yémen et tenté de s’emparer du port stratégique de Hudaydah pour ainsi avoir la main haute sur les prochaines négociations, mais leur armée mécanisée n’a pas pu résister face à l’armée et Ansarallah du Yémen ; elle a dû rebrousser chemin tout en subissant de lourds dégâts.

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