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بمناسبة مرور مائة عام على مولد الشيخ إمام

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Cheikh Imam, porte-voix des colères égyptiennes

Pour les cent ans de sa naissance

Dans les ténèbres de l’injustice, «tu n’as pas d’autre guide que les yeux des mots». Dans une de ses chansons les plus célèbres, le Cheikh Imam, par ailleurs aveugle, proclame la force du verbe et de la révolte. Et sa voix guide depuis plus d’un demi-siècle les colères du peuple égyptien.

<Dans la mosquée Fadhel Pacha, à Darb Al-Gamamez, dans le quartier d’Al-Sayyida Zainab au Caire, le petit Imam Issa est envoûté par la voix d’un cheikh qui psalmodie la sourate «Al-Kahf» («La caverne»). Cette voix lui plait. Il est encore plus admiratif quand il apprend qu’il s’agit du cheikh Mohamed Rifaat, le récitant du Coran à la radio. Mohamed Rifaat s’assoit à côté de lui pour discuter, écoute la récitation du petit Imam, le complimente et lui prédit un avenir brillant au Caire.Si son père avait su qu’Imam serait un jour le «cheikh des créateurs», il ne l’aurait pas laissé errer seul entre les rues d’Al-Azhar et d’Al-Hussein. S’il avait pressenti ce don et ce génie en lui, il ne lui aurait pas interdit de remettre les pieds au village d’Abu An-Numros, là où nait Imam Issa le 2 juin 1918, où il perd la vue à l’âge d’un an à la suite d’une ophtalmie mal soignée.Imam aime se cacher parmi la gent féminine durant les fêtes pour écouter ses chants et vibrer avec elle. Cela fait éclore un don que son père ne devinait pas, pas plus qu’il ne soupçonnait que ses compositions et ses chansons feraient partie du patrimoine.

Exclu pour avoir écouté la radio

Dès son enfance, Imam Issa montre une grande capacité à mémoriser. Pour son père, ce don le prédispose à devenir un vénérable homme de religion. Ses espérances seront déçues lorsqu’il apprend l’exclusion de son fils de l’association religieuse sunnite où il l’avait inscrit : il a été pris en flagrant délit en train d’écouter la voix de Cheikh Mohamed Rifaat psalmodiant le Coran à la radio. Un sacrilège! La radio à cette époque fait encore partie des interdits, c’est une bidʻah (innovation hérétique).

Imam ne peut assister à l’enterrement de sa mère, il ne peut l’accompagner à sa dernière demeure. Et pour cause : son père est toujours en colère contre lui en raison de cette exclusion de l’association religieuse. Il l’a battu et lui a interdit de revenir au village.

Issa Imam vit au sein de groupes de chants religieux dans le quartier Al-Ghouria, à Haouch Kadam — c’est le vrai nom du lieu et non pas «Haouch Adam» comme cela est assez répandu dans certains milieux. Il s’emploie au chant religieux et à la récitation du Coran jusqu’à ce que le hasard lui fasse rencontrer Cheikh Darwish Al-Hariri, un des grands de la musique à l’époque. Celui-ci apprécie grandement la voix d’Imam qui devient son élève et l’accompagne dans les séances de chants religieux et de tarab, ce qui lui assure une certaine renommée.

Lors d’une rencontre avec Cheikh Darwish Al-Hariri, les cheikhs Zakaria Ahmed et Mahmoud Sobh font la connaissance d’Imam. Zakaria Ahmed prend rapidement la mesure de son intelligence et de son talent. Son don principal est sa grande capacité à mémoriser, à apprendre les compositions et à y déceler les points faibles.

La vie de Issa Imam évolue, il passe du chant religieux et du tarab à l’accompagnement de Cheikh Zakaria Ahmed au milieu des années 1930. Cheikh Zakaria, incapable de mémoriser ses compositions, a recours à Imam. Celui-ci les mémorise avant d’entreprendre de les faire apprendre à la diva Oum Kalsoum. Il en tire une grande fierté.

Lors d’une rencontre de café, Imam chantonne; puis, pris d’exaltation, il répète des passages de deux chansons d’Oum Kalsoum qui n’avaient pas été encore diffusées, «Ahl Al-Hawa» («Les gens de passion») et «Ana Fi initidharek» («Je t’attends»). Des passages qui vont être repris par les gens dans les rues. En l’apprenant, Oum Kalsoum et Cheikh Zakaria sont si furieux qu’ils chassent Imam de la troupe.

«Pour s’élever, il faut courber l’échine»

Cet incident entraîne une autre évolution dans la vie de cheikh Imam. Il décide d’apprendre à jouer de l’oud, ce qu’il fait effectivement en 1945 auprès de Kamel Al-Hamsany en quatre séances seulement. Cheikh Imam commence alors à s’orienter vers la composition musicale et la rédaction de textes qu’il met en musique. Il commence à s’éloigner de la récitation du Coran. Constatant qu’il est sur une voie qui n’est pas en cohérence avec l’aspect d’un cheikh vêtu d’une jebba et d’un caftan, il décide d’adopter le complet veston. Il rejoindra par la suite, en 1962, la troupe de chant religieux à la radio de Cheikh Abdel-Samia Bayoumi. C’est l’année de la rencontre décisive entre Cheikh Imam et son compagnon de route Ahmed Fouad Negm, célèbre poète en langue vernaculaire. Les deux hommes font connaissance par le biais d’un ami de Saad, le cousin de Negm. Ils vivent ensemble à Haouch Kadam. Leurs noms commencent à être connus, surtout après les deux chansons «Ana atoub 3an houbik ana» («Moi, renoncer à ton amour, moi?») et «Ashk Essabaya» («L’amour des jeunes filles»). Ils font la connaissance du percussionniste Mohamed Ali qui les rejoint pour former un groupe d’écriture, de composition et de chants.

Le groupe ne se limite pas aux poèmes de Negm, il chante également d’autres poètes comme Neguib Srour et Zine El-Abidine Fouad. La tendance musicale de Cheikh mûrit, dans la continuité de l’oeuvre de Sayed Darwich.

On retrouve cette correspondance de style entre la chanson de Sayed Darwichعشان ما نعلى«على ونعلى .. لازم نطاطي نطاطي نطاطي» («Pour s’élever, s’élever, s’élever… il faut courber l’échine, courber l’échine») et celle de Cheikh Imam «مهما الظلم بالسجانة مين اللي يقدر ساعة «يحبس مصر («Même si l’injustice des geôliers augmente, qui peut emprisonner l’Égypte ne serait-ce qu’une heure?»).

Tentatives de récupération

Cheikh Imam commence à s’orienter vers les chansons de contestation et les chants collectifs. Il est sans concurrent. Certes, il ne s’agit pas de le comparer avec Sayed Darwich, novateur et compositeur musical de génie au point d’inventer le maqam1 Ezzanjir. Cheikh Imam a su cependant trouver la voie particulière dans laquelle il s’est lancé sans rencontrer la moindre concurrence à cette époque, et ce jusqu’à sa mort en 1995. Il a la voix rauque et profonde qui donne de la force aux chants de contestation. Ses chansons trouvent aisément leur chemin au cœur de tous les mouvements de contestation et lors des manifestations. Ce sont des chants révolutionnaires que l’on chante lors des rassemblements populaires. Même ceux qui ne le connaissaient pas auparavant les apprennent et les répètent rapidement. Ce fut le cas lors de la révolution du 25 janvier 2011. Les chansons de Cheikh Imam ont vite trouvé leur chemin vers la place Al-Tahrir, bien des années après sa mort.

Après les évènements du 30 juin 2013, quelques chaînes de télévision satellitaires ont tenté de récupérer des chansons comme «Misr Ya ma ya bahia». Parmi celles entendues sur les canaux officiels à destination des soldats, on trouve aussi «Doula min» («Ceux-là qui sont-ils?»)2. La chanson était encore diffusée jusqu’à récemment pour susciter de la sympathie populaire pour l’armée égyptienne. Il y a également Wah ya Abdelouadoud3. C’est une chanson où Cheikh Imam utilise intelligemment un maqam Farah (joie, allégresse) plutôt que le maqam Saba qui exprime la tristesse.

Mais très rapidement, l’interdit reprend le dessus. Entre-temps, ils sont nombreux à avoir à l’esprit l’image de l’Égypte esquissée par Cheikh Imam. L’Égypte sous les traits de Bahia (la Radieuse) que Cheikh Imam réussit à incarner par sa voix et sa musique sur un texte de son compagnon de route Fouad Negm. La chanson est menée sur le maqam Al-Hadjaz chargé d’émotion, son ton nostalgique et triste en fait le succès auprès des auditeurs. À la suite de la «Naksa» («la rechute»), la défaite arabe de juin 1967, Fouad Negm écrit un poème d’une mordante ironie, intitulé “خبطنا تحت بطاطنا”, («Nous avons tapé sous nos aisselles»), une expression exprimant le bonheur ou le soulagement dont on pourrait traduire ainsi les deux premiers vers : «Dieu merci, nous sommes soulagés/Quel bonheur que ce retour de nos officiers de la ligne de feu».

«Guevara est mort»

C’est l’une des premières chansons, sur un air de maqam Saba» (triste) à être interdite; tout comme la très ironique «Baqarat Haha» : «Elle est morte de faim et d’oisiveté, la vache brune belliqueuse». Ou encore «يعيش أهل بلدي» : «Que vivent les gens de mon pays. Entre eux, aucune connaissance possible, permettant à une alliance de vivre.» Autant de textes chantés au cœur du drame de 1967. Il chante également un texte de Negm chargé de fierté et d’appel à la résistance : « مصر ياما يا بهية يا ام طرحة وجلابية ». («Misr, ô mère, belle en foulard et en djellaba»).

À la suite de l’assassinat de Che Guevara en octobre 1967, de nombreux poèmes ont été écrits sur le révolutionnaire emblématique, mais le texte de Fouad Negm, «Guevara est mort» est le plus poignant, et sa mise en chanson par Imam le rend célèbre. Dans un style funèbre sur le maqam Saba, la chanson commence ainsi : «Guevara est mort, c’est la dernière nouvelle à la radio». Ensuite, le ton se fait grinçant à l’égard des possédants :

Guevara est mort,
Qu’en pensez-vous,
Que votre aisance dure, _ Vous les antiquités,
Vous qui vous vautrez _ Dans la bouffe et les froufrous,
Vous les maquillés, vous les clinquants…

La chanson prend ensuite un tempo soufi :

Mon cœur est avec à lui
A l’heure de la mort
Sans camarades pour l’adieu,
A l’heure du frémissement de son âme
Montant au ciel et mourant
Sans que nul ne l’entende

Puis elle se fait appel à la révolte :

Il n’y a pour vous point de salut
Hormis les fusils et les balles
Telle est la logique de ces temps heureux
Les temps des noirs et des Américains
La parole est au feu et au fer
La justice est muette ou lâche
Le cri de Guevara : ô esclaves
En tout pays et en tout lieu
Pas d’autre choix
Pas d’autre solution
Ou vous lancez l’armée du salut
Ou vous dites au monde : on se rend, c’est fini…

L’auteur et scénariste Mohamed Gad Al-Rab Ali, qui avait beaucoup entendu parler de deux hommes vivant à Haouch Kadem, va les voir. Il parvient à les convaincre que leur place n’est pas à Haouch Kadam et les invite au quartier Agouza à Gizeh.

Cheikh Imam et Fouad Negm s’installent donc dans un appartement à Agouza, situé derrière le théâtre. Ils y déclament et chantent de la poésie et rencontrent des intellectuels. Parmi eux, le peintre Ghassan Nabil et Adly Rezkallah. Un voisin du nom de Khamis, dont le père était dans le commerce des fruits et légumes, se charge de ramener des repas aux visiteurs et à ceux qui viennent écouter Cheikh Imam. Les soirées animées sont permanentes dans l’appartement d’Agouza. Ils finissent par donner leur premier concert au siège du syndicat des journalistes. Leur renommée s’accroit. Cheikh Imam donne un grand concert dans son village d’Abu an-Numros, les tournées et les concerts se multiplient au syndicat des journalistes, dans les universités et lors de conférences.

Le pouvoir égyptien prend conscience de la dangerosité du duo Imam-Negm. Il tente d’abord de les appâter par de l’argent. On leur propose une villa, des contrats avec des chanteurs célèbres, l’organisation de concerts dans les grands théâtres et au sein des stations radios. Ils ne cèdent pas.

Premiers artistes emprisonnés

Une de ces tentatives prend l’aspect d’un dialogue organisé entre les deux sommités de la chanson à l’époque, Abdelhalim Hafez et Mohamed Abdelwahab. Abdelhalim Hafez commence à parler des chanteurs «en haine contre le pays» et qui sont «isolés» de la société dont «Cheikh Imam et le poète qui est avec lui». Mohamed Abdelwahab lui répond qu’il a entendu parler de Cheikh Imam, mais pas du poète qu’il ne connaît pas. Abdelwahab fait l’éloge de la voix de Cheikh Imam et de son statut de continuateur de Sayed Darwich.

Que ces deux sommités de la chanson et du tarab parlent de Cheikh Imam est clairement destiné à le flatter et à l’amener à travailler et à chanter pour le pouvoir — nassérien à l’époque. Cette discussion entre Abdelhalim Hafez et Mohamed Abdelwahab n’a, bien entendu, aucun effet sur Cheikh Imam qui poursuit sa voie avec ses chansons, ni sur Negm avec ses poèmes.

Une autre tentative vient de Mohamed Arrouk, directeur de la radio Saout Al-Arab (la voix des Arabes) qui veut les convaincre de mettre leur art au service du pouvoir. Il propose que leurs chansons soient diffusées sur toutes les stations de radio. On est en 1968. Ils persistent à refuser. Le traitement change alors radicalement. Les deux hommes vont connaître leur première comparution devant un tribunal militaire, une première dans l’histoire des artistes en Égypte. Cheikh Imam et son compagnon Fouad Negm deviennent les premiers artistes emprisonnés pour des chansons.

L’emprisonnement dure de mai 1969 au 21 octobre 1971. Des proches du président Gamal Abdel Nasser avaient tenté de le convaincre de gracier Cheikh Imam et Fouad Negm, mais il avait refusé : «ils ne sortiront pas de prison tant que je suis vivant.» C’est le cas, puisque le président égyptien meurt le 28 septembre 1970. Le duo est gracié par Anouar El-Sadate à la suite de pressions internes et externes. Les deux hommes avaient mis à profit leur séjour en prison pour donner libre cours à leur créativité : plus de vingt chansons. Negm écrivait, Cheikh Imam mettait en musique; ils profitaient des quinze minutes de récréation quotidienne pour se coordonner. Parmi les chansons écrites et mises en musique en prison, on trouve «Qayadou echama’a» («Allumez la bougie») , «Halawila», Bahia…

Au mois de janvier 1972, des manifestations éclatent au Caire en raison des tergiversations de Sadate à déclarer la guerre à Israël. Ils composent la chanson « رجعوا التلامذة يا عم حمزة للجد تاني » («Les étudiants sont de retour»), et sont arrêtés une nouvelle fois pendant 25 jours. Leur célébrité s’accroît encore et leurs chansons se diffusent.

«Tu nous honores, papa Nixon»

Octobre 1973. Alors que les grands noms de la chanson chantent pour les dirigeants, Fouad Negm écrit «Doula min», que Cheikh Imam chante devant le peuple et les soldats au front. Il chante également le poème des fellahin (paysans) de Zine El-Abidine Fouad :

Les paysans changent le lin en kaki
Ils changent le kaki en habits de sang
Et ils te sèment coton et baïonnettes
Et sèment le blé, porteur de drapeau
Et ils y entreront, dans la guerre, charbon du feu
Et ils te sèmeront Misr soleil de la vérité

Des vers envoyés du front par Zine El-Abidine Fouad au journal El-Goumhouriah que Cheikh Imam, qui croit plus à la force des soldats sur le champ de bataille qu’en leurs chefs, met en musique.

En 1974, Negm et Cheikh Imam écrivaient et mettaient en musique «شرفت يانيكسون بابا» («Tu nous honores, papa Nixon») au moment de la visite du président américain en Égypte.

La première tentative de sortir d’Égypte pour échapper aux persécutions politiques a lieu en 1976; ils sont refoulés de l’aéroport du Caire. Negm écrit sur un paquet de cigarettes, alors qu’il est à l’aéroport, le poème «Interdit de voyager» que Cheikh Imam met en musique. Cheikh Imam passe encore une période de détention jusqu’à l’assassinat de Sadate en 1981. Dans les années 1980, il est invité par le ministère français de la culture pour animer des concerts. C’est un accueil populaire fervent que les deux hommes reçoivent et leur célébrité ne fait que s’étendre.

Cheikh Imam continue d’apparaître comme une sorte de saint (wali) distribuant sa baraka (ses bienfaits) lors des rassemblements d’ouvriers et d’étudiants. La manifestation s’ébranle derrière sa voix, reprenant en chœur ses chansons. Au moment de la dispersion, il reste l’écho de ces chants disant la foi dans le combat pour la cause palestinienne, pour la liberté et contre l’injustice.

La voix de la gauche

Imam perçait les ténèbres pour tisser des chants enthousiastes. S’il avait cédé aux appâts des corrupteurs, s’il avait eu peur de la prison et des geôliers, nous n’aurions pas eu ces chants; il n’aurait pas créé cet espace unique.

Cheikh Imam décide finalement de se retirer au milieu des années 1990 dans un modeste appartement à Haouch Kadam, dans le quartier Al-Ghouria. Il est pris en charge par un tailleur nommé Kamel, qui n’est autre que le fils du célèbre cheikh Abdel Samie Bayoumi, chanteur religieux à la radio. À une période de sa vie, Imam était un de ses élèves. Kamel s’occupe de Cheikh Imam, l’emmène parfois passer avec lui un peu de temps dans sa boutique jusqu’à l’heure du déjeuner. Le 7 juin 1995, Kamel part comme à son habitude donner son petit déjeuner à Cheikh Imam. Il lui demande s’il a vu la pastèque laissée la veille dans le réfrigérateur. «Je me suis réveillé à l’aube et j’en ai mangé», répond Imam, puis il lui demande un verre d’eau. Quand Kamel ramène le verre d’eau, le cheikh est mort, ainsi que le rapporte Sayed Anbouh, son ami et gardien mémoriel de ses œuvres.

La voix de la gauche s’était éteinte. Le cheikh des bannis était parti, laissant aux prolétaires, paysans, travailleurs et étudiants des chants pour les accompagner dans leurs luttes et leurs combats. Il a été une boussole du mouvement populaire, ouvrier et estudiantin, le chantre de la mobilisation, celui qui revient à chaque mouvement populaire pour indiquer le cap, celui que l’on suit en entonnant ses chansons. Et quand le mouvement de protestation prend fin, il reste toujours les chants de Cheikh Imam.

منى شاهين

الشيخ إمام عيسى، صوت الغضب المصري

بمناسبة مرور مائة عام على مولده

“إذا الشمس غرقت في بحر الغمام، وهبت على الدنيا موجة ظلام … مافيش لك دليل غير عيون الكلام”. هذه واحدة من أشهر أغنيات الشيخ إمام عيسى، يحتفي فيها الرجل، الذي كان كفيفا بالمناسبة، بقوة الكلمة وقوة الثورة. منذ ما يزيد على نصف القرن ما زال صوت الشيخ إمام دليلا يقود تعبير أهل مصر عن غضبهم.

في مسجد فاضل باشا بدرب الجماميز بالسيدة زينب جلس الصغير إمام عيسى، ليأخذه صوت شيخ كان يقرأ سورة الكهف. أسره ذلك الصوت، وزاد حبه لسماعه وفرحته عندما علم أنه الشيخ محمد رفعت مقرئ الإذاعة. وعندما جلس وتحدث معه وسمع تلاوة الصغير إمام، امتدحه وتنبأ له بمستقبل باهر في القاهرة.

لو كان والده يعلم أن نجله سيصبح في يوم من الأيام شيخ المبدعين، لما تركه وحيداً شارداً بين شوارع الأزهر والحسين، ولو أدرك تلك الموهبة والعبقرية التي بداخله، لماحذره من دخول قريته أبو النمرس التي ولد فيها الصبي إمام عيسى في الثاني من يونيو عام 1918، ذلك الصبي الذي فقد بصره نتيجة استخدام الوصفات الشعبية، في علاج عينه من الرمد الحبيبي.

كان الصبي يجلس مندساً وسط التجمعات النسائية في الأفراح ليستمع لغنائهم ويندمج معه لتولد داخله موهبة لم يعلمها والده ولم يعلم أن ألحانه وأغانيه ستصبح تراثاً.

استُبعِد لأنه استمع إلى الراديو

تميز إمام عيسى في طفولته بذاكرة قوية. وهو ما اعتبره والده مؤهلا له ليصبح شيخا جليلا، ولكن خاب ظن والده حين علم بفصله من الجمعية الشرعية السنية، والتي ألحقه بها. كان سبب فصله أنه ضبط يستمع إلى صوت الشيخ محمد رفعت يقرأ القرآن في الراديو، وكان الراديو وقتها من الممنوعات، لكونه بدعة. هكذا غضب عليه والده لفصله من الجمعية الشرعية، فضربه ومنعه من العودة للقرية، حتى أن الشيخ إمام لم يستطع حضور جنازة أمه عندما توفيت، ولم يودعها لمثواها الأخير.

في حي الغورية في “حوش قدم”الاسم الصحيح للمكان وليس “حوش آدم” كما هو شائع في بعض الأوساط، عاش إمام وسط فرق الإنشاد الديني وامتهن مهنة الإنشاد وتلاوة القرآن إلى أن حدثت الصدفة وتقابل مع الشيخ درويش الحريري الذي كان من كبار الأعلام الموسيقية، وعندما سمع صوت إمام أعجب كثيراً به، وتتلمذ الشيخ إمام على يده واصطحبه معه في جلسات الإنشاد والطرب، فذاع صيته.

والتقى الشيخ دورويش الحريري ذات مرة مع الشيخ زكريا أحمد والشيخ محمود صبح، وعرفا الشيخ إمام، فأدرك الشيخ زكريا أحمد ذكاء إمام وموهبته في قوة الذاكرة وحفظ الألحان ورصد نقاط الضعف بها.

بدأت تتطور حياة الشيخ إمام من الإنشاد والطرب إلى ملازمة الشيخ زكريا أحمد. في منتصف الثلاثينات، بدأ الشيخ زكريا في الاستعانة بالشيخ إمام، فكان إمام يحفظ ألحان الشيخ زكريا، لأنه لا يستطيع الحفظ، ويقوم الشيخ إمام بتحفيظ اللحن لأم كلثوم قبل أن تغنيه.

كان إمام يفتخر كثيرا بهذا، وفي إحدى جلسات المقاهي كان الشيخ إمام يجلس ويدندن وأخذته السلطنة، فردد بعض الكلمات من أغنيتين لأم كلثوم لم تذاعا بعد، وهما “أهل الهوى”، و“أنا في انتظارك”، فبدأ الناس بترديد الأغاني في الشوارع، فعلمت أم كلثوم والشيخ زكريا وغضبا كثيراً وطردا الشيخ إمام من الفرقة.

“عشان مانعلى ونعلى، لازم نطاطي نطاطي”

هذا الموقف كان سببا في تطور آخر في حياة الشيخ إمام، فقرر أن يتعلم العزف على العود، وبالفعل تعلم على يد كامل الحمصاني في أربع جلسات فقط عام 1945. وبدأ يتجه إلى التلحين فأخذ في تأليف الكلمات وتلحينها، وراح يبتعد شيئا فشيئا عن تلاوة القرآن إلى أن رأى أن ذلك لا يتناسب مع كونه شيخاً يرتدي الجبة والقفطان فاستبدلهما بالبدلة. ثم التحق بعدها بجوقة الشيخ عبد السميع بيومي المنشد الديني في الإذاعة المصرية حتى عام 1962.

في عام 1962 حدث اللقاء المنتظر بين الشيخ إمام ورفيق الدرب أحمد فؤاد نجم، شاعر العامية المصري الشهير. حدث التعارف عن طريق زميل ابن عم نجم“سعد”، وعاشا سويا في حوش قدم في الغورية وكان ثالثهما في السكن فنان أمي اسمه محمود اللبان كان يصنع التماثيل، وكان يتردد على هذا المكان كل من يحب الفن لشراء التماثيل والاستماع الى الشيخ إمام ونجم. عاشا في حوش قدم بعد أن ذاع صيتهما خاصة بعد أغنيتي “أنا أتوب عن حبك أنا؟، و”عشق الصبايا » وتعرف عليه وقتها عازف الإيقاع محمد على فانضم إليهما وكونوا فريق تأليف وتلحين وغناء. لم تقتصر الأغاني على أشعار نجم فقط فغنى لشعراء آخرين مثل نجيب سرور، وزين العابدين فؤاد. هنا بدأ الاتجاه اللحني للشيخ إمام يتبلور أكثر فقد أصبح امتداداً لسيد دوريش في اتجاه التعبير اللحني، فمثلما غنى الشيخ سيد درويش “عشان مانعلى ونعلى ونعلى .. لازم نطاطي نطاطي نطاطي” غنى الشيخ إمام لحن “مهما يزيد الظلم بالسجانة مين اللي يقدر ساعة يحبس مصر”.

محاولات الاستحواز

بدأ الشيخ أمام يتجه للأغاني التحريضية والإنشاد الجماعي، ولم يكن له منافس على هذا الصعيد في تلك المرحلة، فامتلك الساحة وحده بلا منافس. ليست هذه بالطبع مقارنة بين إبداع الشيخ سيد درويش وإبداع الشيخ إمام عيسى، فالأول مبدع ومؤلف موسيقي عبقري حتى أنه اخترع مقام “الزنجير”، ولكن الشيخ إمام عرف النقطة المميزة التي يستطيع الانطلاق منها ولا يوجد له منافس منذ وقتها وإلى مماته. فقد امتلك الحنجرة الجهورة العريقة التي تعطي مساحة واسعة وقوية للأغاني الحماسية، وهو ما جعل ألحانه وأغانيه تجد طريقها بسلاسة إلى قلب أي حراك أو مظاهرة، حتى أصبحت أغانيه أناشيد للثورة، وتتردد في أي تجمع جماهيري، حتى من لم يعرفها من قبل يحفظها ويرددها سريعا.

حدث ذلك خلال ثورة 25 يناير عندما شقت أغاني الشيخ إمام طريقها لميدان التحرير بعد رحيله بسنوات. وحتى بعد أحداث 30 يونيو 2013 أذاعت بعض القنوات الفضائية بعضا من الأغاني للشيخ إمام، والتي لم تكن معتادة على إذاعتها مثل “مصر يامّه يابهية”، وبين الأغاني الرسمية الموجهة التي كانت تردد للجيش وجدنا أغنية مثل و“دولا مين” تذاع على القنوات للجنود إلى وقت قريب حتى تستجدي وتستعطف وتجذب الجماهير ناحية الجيش المصري. وتجدد الثقة مرة أخرى وأيضا من الأغاني المذاعة “واه ياعبد الودود” والتي استخدم فيها الشيخ إمام بذكائه مقام فرح بدلا عن مقام الصبا الذي يعبر عن الحزن.

ولكن سرعان ما تعود أغاني الشيخ إمام لدائرة المنع فور انتهاء الأحداث وسكون الحراك، ولكن بعد أن تكون قد رسخت داخل الكثيرين صورة مصر التي رسمها إمام بصوته، فنرى مصر في صورة بهية التي جسدها لنا الشيخ إمام بصوته ولحنه وبكلمات رفيق دربه فؤاد نجم على مقام “الحجاز” وهذا ليزيد شعور حب المستمع في اللحن المملوء بالأسى والحنو.

في حرب يونيو 1967 “النكسة” ألف فؤاد نجم قصيدة “الحمد لله خبطنا تحت بطاطنا .. يا محلى رجعة ظباطنا من خط النار” والتي أخذت طابعا ساخرا، واضعا اللحن على مقام الصبا وكانت هذه أولى الأغنيات التي منعت من إذاعتها، وقصيدة “وقعت من الجوع ومن الراحة .. البقرة السمرا النطاحة” وضعها الشيخ إمام على مقام الصبا مطعماً المقام “بالنقر الشعبي” لتصبح سريعة فتجذب الجماهير وتزيد الحماسة وقت الغناء، و“يعيش أهل بلدي وبينهم مفيش تعارف يخلي التحالف يعيش”، وغناها الشيخ إمام ، ولكن في قلب مآساة 1967، غنى إمام لنجم أيضا كلمات مليئة بالكبرياء والمقاومة “مصر يا مّه يابهية يا ام طرحة وجلابية”.

“جيفارا مات”

عندما أذيع نبأ اغتيال “تشي جيفارا” في أكتوبر 1967 ردد الكثيرون أشعارا عن اغتيال الثائر الأسطورة، ولكن أغنية الشيخ إمام التي كتبها فؤاد نجم “جيفارا مات” كانت الأكثر شهرة وتأثيرا. أخذت أغنية “جيفارا مات” طابعها الجنائزي على مقام “الصبا”، “جيفارا مات جيفارا مات آخر خبر في الراديوهات” ثم بعد ذلك يتجه إلى السخرية في اللحن:

جيفارا مات،
ما رأيكم دام عزكم يا أنتيكات،
ياغرقانين في المأكولات والملبوسات،
يامحفلطين ياملمعين ياجميسينات…

ثم يطعم اللحن بإيقاع الأيوب الصوفي في جزء آخر:

عيني عليه..
ساعة القضا
من غير رفاقة تودعه
يطلع أنينه للفضا
يزعق ولا مين يسمعه

ثم يتجه اللحن للتحريض في آخر جزء للأغنية:

مالكوش خلاص
غير البنادق والرصاص
دا منطق العصر السعيد
عصر الزنوج والأمريكان
الكلمة للنار والحديد
والعدل أخرس أو جبان
صرخة جيفارا يا عبيد
في أي موطن أو مكان
مافيش بديل
مافيش مناص
ياتجهزوا جيش الخلاص
ياتقولوا عالعالم خلاص…

في تلك الآونة كان المؤلف والسينارسيت محمد جاد الرب قد سمع من الكثيرين عن شخصين يسكنان حوش قدم بالغورية فذهب إليهما واستمع منهما إلى أغنية “جيفارا مات”، والتي أصبحت أشهر أغنيات تأبين تشي جيفارا بالعربية، استمع إلى الاغنية وقال لهما مكانكما ليس هنا هيا بنا الى حي العجوزة.

في شقة العجوزة خلف مسرح البالون عاش الشيخ إمام ونجم، يلتقيان بالمثقفين ويرددان الشعر والأغاني. كان من بين هؤلاء الرسامان نبيل تاج وعدلي رزق الله، وسمعهم جار لهم كان يدعى سيد خميس كان والده تاجر خضروات وفاكهة فتكفل بجلب الغذاء إلى ذلك المكان للمترددين والمستعمين إلى الشيخ إمام. كانت السهرات دائمة في شقة العجوزة إلى أن أقاما أول حفلة لهما في نقابة الصحفيين ومن هنا بدأ مستوى آخر من الشهرة والانتشار، وبعدها قرر الشيخ إمام أن يقيم حفلة كبيرة في قريته أبو النمرس وبدأت الجولات والحفلات في نقابة الصحفيين والجامعات والندوات.

بعد استيعاب السلطة لخطورة أغاني الشيخ إمام وأحمد فؤاد نجم، سرعان ما انقلب كل شئ، في أول الأمر بدأت محاولات الإغواء بالمال الوفير، فقد أغروهما بفيلا وبتعاقد المطربين المشهورين على تأليف وتلحين الأغاني لهم وعرض حفلات في أكبر المسارح ومحطات الراديو لكنهما رفضا الإغواء بالمال.

أول الفنانين المعتقلين

لم تكن هذه الطريقة الوحيدة، يذكر أن حوارا أجري بين أكبر مطربي هذا الوقت عبد الحليم حافظ والمطرب والملحن محمد عبد الوهاب وكان الحوار عجيبا فقد بدأ عبد الحليم الحوار بالمطربين الحاقدين على البلد وأنهم منعزلون اجتماعيا من بينهم “الشيخ إمام” و“الشاعر اللي معاه” في إشارة لأحمد فؤاد نجم فرد محمد عبد الوهاب أنه يسمع عن الشيخ إمام لكنه لم يسمع عن الشاعر ولا يعرفه، على الرغم أنه مؤلف أغاني الشيخ إمام، وطبعا امتدح في صوت الشيخ إمام وامتداده لأعمال الشيخ سيد درويش ومساحة صوته القوي. كانت هذه حيلة لإغراء الشيخ إمام بأن يتحدث عنه عبد الحليم حافظ ومحمد عبد الوهاب أكبر قامات الموسيقى والطرب وقتها، محاولين أخذه إلى ساحتهم الغنائية أن يقتنع بالتلحين والغناء لسلطة جمال عبد الناصر. بالطبع لم يؤثر هذا الحوار على الشيخ إمام بل مضى متقدما بألحانه وصوته وأحمد فؤاد نجم بأشعاره. كانت هناك أيضا محاولة أخرى قام بها مدير إذاعة “صوت العرب” – كان وقتها محمد عروق – الذي حاول إقناعهما وتوظيف أغانيهما لصالح السلطة، على أن تذاع في جميع المحطات الرسمية. كان ذلك عام 1968 إلا أنهما ظلا رافضين، فانقلب كل شيء. تعرضا لأول محاكمة عسكرية في تاريخ الفنانين، وكان إمام أول سجين من أجل الغناء في تاريخ الثقافة العربية مع رفيق دربه فؤاد نجم.

جاء الاعتقال في مايو 1969 واستمر حتى 21 أكتوبر 1971. حاول بعض المقربين إقناع الرئيس عبد الناصر وقتها بإصدار عفو عن الشيخ إمام ونجم، لكن عبد الناصر رفض وقال “مش هيخرجوا طول ما انا عايش” وبالفعل توفي بعدها بفترة ليست طويلة، وأطلق سراحهما بعفو أصدره السادات بعد ضغوط داخلية وخارجية. وقد استغل الثنائي فترة السجن في إطلاق العنان لإبداعهما الذي تجاوز 20 قصيدة، فقد كان نجم يكتب والشيخ إمام يلحن ويغني. كانا يستغلان ال 15 دقيقة المخصصة للخروج للتريض للتنسيق فيما بينهما ومن الأغاني المؤلفة في السجن قيدوا شمعة / حلاويلا / بهية « .

في يناير 1972 اندلعت المظاهرات في القاهرة بسبب مماطلة السادات في قرار الحرب“وقاما بتأليف وتلحين أغنية”رجعوا التلامذة ياعم حمزة للجد تاني » فاعتقلا مرة ثانية لمدة 25 يوماً فزادت شهرتهما بين الناس واتشرت أغانيهما.

«شرفت يا نيكسون بابا»

وفي أكتوبر عام 1973 كتب فؤاد نجم “دولا مين”، ففي الوقت الذي كان كبار المطربين يغنون للقادة تغنى الشيخ إمام للشعب والعساكر على الجبهة. في الآونة نفسها قدم الشيخ إمام أغنية “الفلاحين” من كلمات زين العابدين فؤاد الذي كتبها على الجبهة وأرسلها إلى جريدة الجمهورية. كان الشيخ إمام مؤمنا بقوة العساكر على الجبهة أكثر من قادتهم.

الفلاحين بيغيروا الكتاني بالكاكي
ويغيروا الكاكي بتوب الدم
وبيزرعوك يا قطن ويا السناكي
وبيزرعوك ياقمح سارية علم
وبيدخلوكي ياحرب فحم الحريقة
وبيزرعوكي يامصر شمس الحقيقة

قام فؤاد نجم والشيخ إمام بتأليف وتلحين أغنية “شرفت يانيكسون بابا” والتي غناها وقت زيارة الرئيس الأمريكي ريشارد نيكسون لمصر عام 1974. بعدها استعد الثنائي إمام ونجم لجولة أوربية بدعوة من جاك لونج وزير الثقافة الفرنسي ومن تونسي يدعي محمد الصادق بوزيان كان يرغب في مساعدتهما من الخروج من مصر في تلك الفترة بسبب التضييق السياسي. جاءت محاولتهما الأولى لزيارة فرنسا عام 1976 وتم إرجاعهما من مطار القاهرة وهي المناسبة التي كتب فيها نجم “ممنوع من السفر” كتبها على علبة سجائره في المطار ولحنها وقتها الشيخ امام.

وبعد أن قضى الشيخ إمام فترة اعتقال ثانية حتى وقت اغتيال السادات، تلقى دعوة من وزارة الثقافة الفرنسية لإحياء بعض الحفلات في فرنسا، فلاقت حفلاته إقبالا جماهيرياً كبيراً وضاعفت من شهرة الثنائي إمام ونجم.

ظل الشيخ إمام يظهر كولي يوزع الكرامات في كل التجمعات عمالية أو طلابية أو أي تجمع شعبي. يظهر الولي وتظهر بوصلته وتسير المسيرة خلف صوت الولي مرددين أغانيه وعندما تنفض المسيرة يذهب الولي وتبقى بركة كراماته، حيث يولد الإيمان بالقضية الفلسطنية والحرية ومحاربة الظلم.

صوت اليسار

كان الشيخ إمام يشق الظلام الحالك الذي عاش فيه ليغزل بصوته ألحانا تعشق الحماس. ربما لو طاوع الشيخ إمام الإغراءات ومن أغروه أو خاف من السجن ومن سجنوه، لفقدنا تلك الألحان وما وجدت تلك الساحة المتفردة للشيخ إمام، ولكن عدم مبالاته بالإغواء والترهيب، كانت سبباً في تحوله لولي يشق الظلام ليظهر رعد صوته وبرق ألحانه ليعطينا كراماته في كل حراك.

في منتصف تسعينات القرن الماضي، قرر العزلة والاعتكاف مرة أخرى في حجرته المتواضعة بحوش قدم بالغورية في رعاية ترزي يدعى “كامل” ابن الشيخ عبد السميع بيومي المنشد الديني الشهير في الإذاعة. وكان إمام أحد تلاميذه في فترة من الفترات كان يعتني بالشيخ إمام وكان “كامل” معتاداً كل صباح على تحضير الفطور للشيخ إمام واصطحابه لقضاء الوقت في دكانه في حوش قدم حتى موعد الغذاء وفي 7 يونيو، ذهب كالعادة كامل “لتقديم الافطار للشيخ إمام وسأله ان كان يعلم أنه ترك له بطيخة في الثلاجة من الليلة الماضية. فقال له إمام”صحيت في الفجر وكلت منها » وطلب منه أن يحضر له كوبا من الماء لكنه عندما أحضره وجده توفى، على حسب ما رواه سيد عنبه صديقه والحافظ لتراثه. ذهبت حنجرة اليسار وشيخ الممنوعين تاركا للكادحين الفلاحين العمال الطلبة ما يواسيهم في كفاحهم ونضالهم.

كان الشيخ إمام بوصلة الحراك الشعبي والعمالي والطلابي، من وقت أن بدأ السير في اللحن والغناء التحريضي فقد انفرد بساحته التحريضية دون منافس. يظهر الشيخ إمام وقت الحراك ليرينا الاتجاه ونردد خلفه إلى أن يختفي الحراك، تاركا خلفه أنغام الشيخ إمام. لم يستطع أن يصمد كثيرا في الغناء العاطفي نظراً لميله للإنشاد والغناء الجماعي والتحريض والسخرية رغم أنه تتلمذ على يده الشيخ سيد مكاوي الذي استطاع أن يكون ملحناً لأم كلثوم ومطربا عاطفيا وكان مصدر الخلاف بعد ذلك بين سيد مكاوي والشيخ إمام، فاعتبر الكثيرون أن سيد مكاوي “التلميذ الذي تفوق على أستاذه” ولكن لم يكن يستطع سيد مكاوي أن ينافس الشيخ إمام في ساحته. وحمداً لله أن الشيخ إمام لم يميل للغناء العاطفي كثيراً حتى نستمتع بتلك الساحة التي ستظل تراثاً ثرياً نحتمي به وقت الغضب والثورات

منى شاهين.

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