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واشنطن تشارك قواتها مع داعش: حرب للسيطرة على أوراسيا تسود على الحرب على الإرهاب

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Washington s’allie avec Daech : la guerre pour dominer l’Eurasie l’emporte sur « la guerre contre le terrorisme »
Par Bill Van Auken
Le document sur la « Stratégie de défense nationale » publié au début de 2018 déclarait sans ambages qu’après presque 20 ans d’une prétendue « Guerre mondiale contre le terrorisme », celle-ci allait prendre fin. Une nouvelle orientation stratégique se dessinait : Washington se prépare à des conflits « entre grandes puissances », en clair à la guerre avec la Russie et la Chine, toutes deux des puissances nucléaires.
C’était la première stratégie de défense publiée par le Pentagone depuis plus d’une décennie, ce qui souligne l’urgence avec laquelle Washington se prépare à une troisième guerre mondiale.
Un résultat particulièrement grossier et criminel de ce revirement politique ressort dans trois pays où les troupes américaines combattent activement. Des reportages provenant du Yémen, de Syrie et d’Afghanistan fournissent des preuves solides que les États-Unis et leurs intermédiaires locaux utilisent les services d’éléments de l’État islamique (ÉI, ou Daech) et d’Al-Qaïda dans la poursuite des intérêts stratégiques de Washington.
Au Yémen, des centaines, voire des milliers de combattants d’Al-Qaïda de la péninsule arabique (AQPA) ont été recrutés au sein du réseau international d’Al-Qaïda par les plus proches alliés de Washington dans le monde arabe, l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis, pour servir de fantassins dans la guerre quasi-génocidaire que ces monarchies pétrolières mènent depuis 2015 avec le soutien des États-Unis au Yémen.
Selon une enquête publiée lundi par l’Associated Press (AP), l’Arabie Saoudite « a conclu des accords secrets avec des combattants d’Al-Qaïda, en les payant pour quitter des villes ou villages clés et en laissant d’autres fuir avec leurs armes, des équipements et des liasses de billets […] d’autres ont été recrutés dans la coalition elle-même. »
L’AP a ajouté que « les principaux participants aux pactes ont déclaré que les États-Unis étaient au courant des arrangements et se sont abstenus de toute frappe par drone ».
« Des éléments de l’armée américaine sont clairement conscients qu’une grande partie de ce que font les États-Unis au Yémen aide AQPA, et qu’il y a beaucoup de problèmes à ce sujet », a déclaré Michael Horton, un analyste à la Jamestown Foundation, à l’AP.
« Mais soutenir les Émirats et le Royaume d’Arabie Saoudite contre ce que les États-Unis considèrent être l’expansionnisme iranien prime sur la lutte contre l’AQAP et même la stabilisation du Yémen », a ajouté Horton.
C’est un euphémisme flagrant. Washington fournit un soutien militaire indispensable à une guerre qui a réduit des millions de Yéménites à la famine. Washington accepterait d’anéantir une grande partie de la population yéménite pour renforcer sa position stratégique et celle des régimes arabes réactionnaires avec lesquels il est allié contre la menace posée par une éventuelle influence iranienne sur l’hégémonie régionale américaine.
La guerre s’est intensifiée ces derniers jours lors du siège du port d’Al-Hudaydah, sur la mer Rouge, au Yémen, auquel le gouvernement Trump avait donné son feu vert. Selon l’ONU, 250 000 personnes pourraient mourir dans cette opération, et des millions de Yéménites pourraient mourir de faim si le port – la seule source de nourriture, de carburant et de médicaments pour 70 pour cent de la population – est fermé.
Recruter des combattants d’Al-Qaïda pour massacrer des Yéménites est tout à fait conforme à la politique criminelle de l’impérialisme américain.
En Syrie, le ministère russe de la Défense a publié jeudi un communiqué selon lequel Daech concentre de plus en plus de forces autour d’Al Tanaf, près de la frontière syro-irakienne, où l’armée américaine a une base militaire et déclare unilatéralement une zone d’exclusion de 34 milles (55 km) autour d’elle. Les troupes américaines dans cette région ont formé des prétendus « rebelles » opposés au gouvernement du président Bachar al-Assad et semblent protéger Daech.
Lancée prétendument pour « anéantir » Daech en Irak et en Syrie, l’intervention militaire illégale des États-Unis en Syrie a vu à plusieurs reprises les États-Unis et leurs alliés faciliter la fuite de Daech de villes assiégées. L’incident le plus notoire a eu lieu à Raqqa : une colonne de véhicules a transporté 4000 combattants de Daech avec leurs proches, ainsi que leurs armes, munitions et explosifs, dans le désert de l’est de la Syrie.
L’objectif de Washington était de les retourner contre l’armée syrienne et de les utiliser pour priver Damas du contrôle des champs pétroliers et gaziers syriens, qui sont essentiels pour financer la reconstruction du pays. Cet objectif est relié aux préparatifs plus larges pour des guerre, non seulement contre l’Iran, mais aussi contre la Russie.
Enfin, sur l’Afghanistan, où les États-Unis sont en guerre depuis 17 ans, le New York Times a publié dimanche un article intitulé « Les combattants de Daech sont-ils des prisonniers ou des invités d’honneur du gouvernement afghan ? »
Selon l’article, deux officiers supérieurs de Daech, avec 250 soldats se sont rendus à l’armée nationale afghane formée par Washington, afin d’éviter une défaite totale aux mains des Talibans.
« Mais si c’étaient des prisonniers, ils n’en avaient pas l’air », a écrit le Times. « Le gouvernement leur a permis de rester dans une pension de la capitale provinciale de Sheberghan. Selon le gouverneur de la province, on les a entourés de gardes non pas pour les enfermer, mais pour écarter des ennemis potentiels. Bien qu’ils aient été désarmés, on les a autorisés à garder leurs téléphones portables et autres biens personnels. »
Le Times a ajouté que « la nature douteuse de la capitulation de Daech s’est avérée une manne de propagande pour les Talibans. »
Le journal ne fournit aucun détail sur cette « propagande », mais rapporte que les combattants de Daech « ont été transportés depuis le champ de bataille dans des hélicoptères de l’armée afghane, évitant un voyage potentiellement dangereux par la route. »
La conclusion évidente est que Daech a servi les intérêts des américains en Afghanistan, attaquant les Talibans et commettant des atrocités visant à empêcher toute résolution négociée du conflit qui ne serait pas conforme aux intérêts géostratégiques américains dans la région.
Cette alliance, plus ou moins ouverte, entre le Pentagone et l’État islamique – la cible supposée de multiples interventions militaires américaines sur trois continents – n’est pas tant une nouvelle politique que le renouveau d’une ancienne politique que Washington n’a jamais complètement abandonnée malgré le baratin de la plus grande de toutes les « fausses nouvelles » : la « guerre mondiale contre le terrorisme ».
Al-Qaïda, le Grand Satan originel de cette guerre sans fin, était le produit du soutien de la CIA aux moudjahidin islamistes contre le gouvernement afghan pro-soviétique dans les années 1980. Depuis lors, ils ont une double fonction pour Washington, soit en tant qu’intermédiaires dans des guerres néocoloniales, soit en tant que prétexte pour des interventions militaires au nom de la lutte contre le terrorisme.
Sous couvert de « guerre contre le terrorisme », les gouvernements américains successifs, Démocrates et Républicains, ont non seulement mené des guerres dont les victimes se comptent par millions, mais ont également attaqué sans relâche les droits démocratiques, de l’espionnage domestique à la censure de l’Internet.
L’alliance internationale émergente entre le Pentagone et Daech dévoile les véritables intérêts sous-jacents qui dictent ces politiques, où Washington utilise la guerre pour compenser sa perte de prééminence économique par le recours à la force, et la répression pour défendre l’ordre social le plus inégal de toute l’histoire américaine moderne.

بيل فان اوكين
لقد صرحت وثيقة « استراتيجية الدفاع الوطني » التي نشرت في أوائل عام 2018 بصراحة أنه بعد حوالي 20 عامًا من « الحرب العالمية على الإرهاب » ، كانت على وشك الانتهاء. كان هناك اتجاه استراتيجي جديد في الظهور: تستعد واشنطن للصراعات « بين القوى العظمى » ، في الحرب الواضحة مع روسيا والصين ، وكلاهما من القوى النووية.
كانت هذه أول استراتيجية دفاعية نشرها البنتاغون لأكثر من عقد من الزمان ، مما يؤكد الضرورة الملحة التي تستعد بها واشنطن لحرب عالمية ثالثة.
إن النتيجة الفادحة والإجرامية لهذا التحول السياسي واضحة في ثلاثة بلدان حيث تقاتل القوات الأمريكية بنشاط. تقدم تقارير من اليمن وسوريا وأفغانستان أدلة قوية على أن الولايات المتحدة ووسطاءها المحليين يستخدمون خدمات عناصر من الدولة الإسلامية (داعش) وتنظيم القاعدة في السعي وراء المصالح الاستراتيجية لواشنطن.
في اليمن ، تم تجنيد المئات ، إن لم يكن الآلاف ، من مقاتلي القاعدة من شبه الجزيرة العربية (AQAP) في شبكة القاعدة الدولية من قبل أقرب حلفاء واشنطن في العالم العربي ، المملكة العربية السعودية والإمارات العربية المتحدة ، ليعملوا كقوات مشاة في حرب شبه الإبادة الجماعية التي تخوضها ممالك النفط هذه منذ عام 2015 بدعم من الولايات المتحدة في اليمن.
وبحسب استطلاع للرأي نشرته وكالة أسوشيتدبرس للأنباء ، فإن المملكة العربية السعودية « لديها اتفاقيات سرية مع مقاتلي القاعدة ، وتدفعهم لمغادرة المدن الرئيسية أو القرى وترك آخرين يفرون ». باستخدام أسلحتهم ومعداتهم وحزمهم […] ، تم تجنيد آخرين في الائتلاف نفسه. « 
وأضافت السلطة الفلسطينية أن « المشاركين الرئيسيين في المعاهدات قالوا إن الولايات المتحدة تدرك هذه الترتيبات وأحجمت عن أي إضراب بطائرة بدون طيار ».
وقال المحلل مايكل هورتون « من الواضح أن العناصر العسكرية الأمريكية تدرك أن الكثير مما تفعله الولايات المتحدة في اليمن يساعد القاعدة في شبه الجزيرة العربية وهناك الكثير من المشاكل في هذا الصدد. » في مؤسسة جيمستاون ، في AP.
وأضاف هورتون « لكن دعم الإمارات والمملكة العربية السعودية ضد ما تعتبره الولايات المتحدة توسعة إيرانية له الأولوية على مكافحة القاعدة في شبه الجزيرة العربية وحتى استقرار اليمن ».
هذا تعبير ملطف صارخ. تقدم واشنطن الدعم العسكري الحيوي للحرب التي خفّضت ملايين اليمنيين إلى المجاعة. ستوافق واشنطن على إبادة جزء كبير من السكان اليمنيين لتعزيز موقعها الإستراتيجي وموقف الأنظمة العربية الرجعية التي تحالفت معها ضد التهديد الذي يشكله التأثير الإيراني المحتمل على الهيمنة الإقليمية الأمريكية.
اشتدت الحرب في الأيام الأخيرة خلال حصار ميناء الحديدة على البحر الأحمر في اليمن ، والذي منحته حكومة ترامب الضوء الأخضر. وفقا للأمم المتحدة ، يمكن أن يموت 250 ألف شخص في هذه العملية ، ويمكن لملايين اليمنيين أن يموتوا جوعا إذا تم إغلاق الميناء – وهو المصدر الوحيد للغذاء والوقود والطب لـ 70 في المائة من السكان.
تجنيد مقاتلي القاعدة لمذبحة اليمنيين يتفق تماما مع السياسة الإجرامية للإمبريالية الأمريكية.
في سوريا ، أصدرت وزارة الدفاع الروسية بيانا يوم الخميس أن داعش تركز أكثر فأكثر على القوات حول « التنف » ، بالقرب من الحدود السورية العراقية ، حيث يملك الجيش الأمريكي قاعدة عسكرية ويعلن من جانب واحد منطقة استبعاد من 34 ميلا (55 كم) حولها. وقد شكلت القوات الأمريكية في هذه المنطقة ما يسمى بـ « المتمردين » المعارضين لحكومة الرئيس بشار الأسد ويبدو أنها تحمي داعش.
بدأ التدخل العسكري غير الشرعي للولايات المتحدة في سوريا ، الذي يُزعم أنه « يبيد » داعش في العراق وسوريا ، مراراً وتكراراً ، بأن الولايات المتحدة وحلفاءها يسهلون هروب داعش من المدن المحاصرة. ووقع الحادث الأكثر روعة في الرقة: حيث نقل طابور من المركبات 4000 من مقاتلي داعش مع أقاربهم ، فضلاً عن أسلحتهم وذخائرهم ومتفجراتهم ، إلى الصحراء الشرقية في سوريا.
كان هدف واشنطن هو تحويلها ضد الجيش السوري واستخدامها لحرمان سيطرة دمشق على حقول النفط والغاز السورية ، وهي ضرورية لتمويل إعادة إعمار البلاد. يرتبط هذا الهدف بالأعمال التحضيرية الأوسع للحرب ، ليس فقط ضد إيران ، ولكن أيضًا ضد روسيا.
أخيرا ، في أفغانستان ، حيث كانت الولايات المتحدة في حالة حرب منذ 17 عاما ، نشرت صحيفة نيويورك تايمز يوم الأحد مقالا بعنوان
« هل مقاتلين داعش سجناء أم ضيوف شرف لدى الحكومة الأفغانية؟ « وفقا لهذه المادة، وذهب اثنين من كبار ضباط Daech، مع 250 جنديا للجيش الوطني الأفغاني التي شكلتها واشنطن لتجنب هزيمة كاملة على أيدي طالبان. وكتبت الصحيفة « لكن إذا كانوا سجناء ، فإنهم لم يكونوا مثلهم ». « سمحت لهم الحكومة بالبقاء في معاش في عاصمة مقاطعة شيبرغان. وفقا لحاكم المقاطعة ، كانوا محاطين بالحراس بعدم حبسهم ، ولكن لدرء الأعداء المحتملين. وبالرغم من نزع سلاحهم ، فقد سُمح لهم بالاحتفاظ بهواتفهم المحمولة وغيرها من المتعلقات الشخصية. وأضافت الصحيفة أن « الطبيعة المريبة لاستسلام داعش كانت نعمة لطالبان. « ورقة لا تقدم تفاصيل عن هذه » الدعاية « ، ولكن تقارير تفيد بأن مقاتلي Daech » تم نقلها من ساحة المعركة في طائرات الهليكوبتر للجيش الأفغاني، وتجنب رحلة على الطريق خطرة. « إن الاستنتاج الواضح هو أن Daech يخدم مصالح الولايات المتحدة في أفغانستان، والهجوم على طالبان وارتكاب الفظائع لمنع أي حل تفاوضي للصراع الذي لا يتوافق مع مصالح الولايات المتحدة الجيواستراتيجية في المنطقة. هذا التحالف، أكثر أو أقل انفتاحا، وبين وزارة الدفاع والدولة الإسلامية – الهدف المفترض للتدخلات الجيش الامريكي العديد في ثلاث قارات – ليس كثيرا سياسة جديدة أن تجديد سياسة القديمة التي لديها واشنطن لم يتم التخلي عنها تماما على الرغم من الضجة الأكبر من كل « الأخبار الكاذبة »: « الحرب العالمية ضد الإرهاب ». وكان تنظيم القاعدة الأصلي الشيطان الأكبر من هذه الحرب التي لا نهاية لها، والمنتج من الدعم CIA إلى المجاهدين الإسلاميين ضد الحكومة الأفغانية المدعومة من الاتحاد السوفيتي في عام 1980. ومنذ ذلك الحين، لديهم وظيفة مزدوجة في واشنطن، سواء كوسطاء في الحروب الاستعمارية الجديدة ، إما كذريعة للتدخل العسكري باسم مكافحة الإرهاب. تحت ستار « الحرب ضد الإرهاب »، الإدارات الأميركية المتعاقبة والحروب الديمقراطي والجمهوري، وليس فقط قاتلوا الذين يصل عددهم ضحايا بالملايين، ولكن أيضا لهجوم الحقوق الديمقراطية بلا هوادة من التجسس الداخلي في الرقابة على الإنترنت. التحالف الدولي الناشئ بين وزارة الدفاع وDaech يكشف عن المصالح الكامنة الحقيقية التي تملي هذه السياسات، والذي يستخدم واشنطن الحرب للتعويض عن خسارتها من التفوق الاقتصادي من خلال استخدام القوة والقمع للدفاع عن النظام الاجتماعي أكثر عدم تكافؤ في التاريخ الأمريكي الحديث..

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