• Capture-d’écran-2018-08-08-à-16.59.18.png

فليكن ذلك واضحا للجميع … ستدافع كندا دائما عن حقوق الانسان في كندا وباقي العالم

in Droit humain by

Face à l’Arabie, le Canada défend une politique «éthique» qui divise

En mettant les droits de l’homme au cœur de sa diplomatie, le Canada s’est attiré les foudres de l’Arabie saoudite et risque de perdre des contrats juteux, conséquence d’une politique étrangère «éthique» qui ne fait pas l’unanimité

Quelques heures après l’annonce de l’expulsion de l’ambassadeur canadien à Riyad, Ottawa a réaffirmé haut et fort ce qui fonde sa politique étrangère depuis l’arrivée de Justin Trudeau au pouvoir en 2015: crise diplomatique ou pas, pas de compromis sur les «valeurs» humanistes et progressistes du Canada.

«Que les choses soient bien claires pour tout le monde […]: le Canada défendra toujours les droits humains au Canada et dans le reste du monde», a déclaré lundi la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, dans sa première réaction à l’annonce surprise du royaume saoudien.

Le Canada est particulièrement impliqué, depuis plusieurs années, dans le soutien à la famille du blogueur dissident Raef Badaoui, emprisonné depuis 2012. Son épouse et ses enfants vivent au Québec depuis l’automne 2013. Et c’est un tweet canadien concernant l’arrestation de la sœur de Raef Badaoui qui a mis le feu aux poudres.

Mais la fermeté affichée par Ottawa pourrait avoir un coût pour l’économie canadienne: l’Arabie saoudite est son deuxième marché d’exportation dans la région du Golfe (1,4 milliard de dollars canadiens [1,07 milliard de francs] en 2017), juste derrière les Emirats arabes unis.

Pas le premier accroc diplomatique pour Justin Trudeau

Les autorités saoudiennes ont notamment jugé «inacceptable» que les Canadiens réclament la «libération immédiate» des militants. Riyad a annoncé le gel des relations commerciales entre les deux pays; la suspension des bourses universitaires pour ses ressortissants au Canada – plus de 15 000 Saoudiens étudient dans ce pays – et la relocalisation de milliers d’étudiants. Soit un manque à gagner substantiel, bien que difficilement chiffrable, pour l’économie canadienne.

Premier contrat potentiellement menacé: la vente à Riyad de véhicules blindés légers, conclu en 2014 pour un montant de 15 milliards de dollars canadiens (11,4 milliards de francs).

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement de Justin Trudeau prend le risque de perdre un contrat au nom des «valeurs» de son pays.

En début d’année, un contrat pour l’achat par les Philippines de 14 hélicoptères canadiens destinés à ses forces armées a été gelé suite aux critiques d’Ottawa contre la politique musclée de l’homme fort de l’archipel, le président Rodrigo Duterte, et à des violations répétées des droits humains dans ce pays.

Le Canada comme modèle à suivre

En Arabie saoudite, aux Philippines ou ailleurs, pour un dirigeant comme Justin Trudeau, «il y a un moment où politiquement il faut faire un choix», explique à l’AFP Ferry de Kerckhove, ancien diplomate et politologue de l’Université d’Ottawa.

«Il est évident qu’aux yeux du monde, il y a une perception du Canada comme étant un des derniers bastions de la défense de l’ordre libéral international, aussi bien économique, politique et social», au côté de pays comme l’Allemagne, la France ou la Suède, analyse-t-il. «Ce n’est pas étonnant qu’on se tourne vers le Canada sur ce plan-là, c’est ce qu’Amnesty International vient de faire.» L’ONG a appelé d’autres gouvernements à se joindre au Canada pour obtenir «la libération inconditionnelle et immédiate de tous les prisonniers de conscience» en Arabie saoudite.

Les avantages d’une politique étrangère éthique

Et même si elle doit lui coûter quelques contrats commerciaux, la politique étrangère «éthique» du gouvernement Trudeau présente plus d’avantages que d’inconvénients à long terme, y compris sur le plan économique, estime pour sa part Bessma Momani, professeure à l’Université de Waterloo (Canada).

«Même pour des hommes d’affaires arabes, lorsqu’ils signent un contrat avec le Canada, ils savent par leur propre expérience, par un cousin ou un oncle, que le Canada est une société multiculturelle, qui respecte les droits de l’homme. Et je crois qu’en face des contrats manqués avec quelques gouvernements autoritaires, nous décrochons toute une série de contrats ailleurs précisément parce que nous respectons les droits humains.»

«Les droits humains sont un prétexte»

Certains doutent toutefois que l’appel d’Ottawa au respect des droits de l’homme en Arabie saoudite soit le véritable détonateur de la crise actuelle. Ça n’a rien à voir avec les droits humains», estime Amir Attaran, professeur à l’Université d’Ottawa, joint par l’AFP. «C’est un piètre prétexte. Il y a des enjeux géopolitiques, notamment la rivalité stratégique et théocratique entre l’Arabie saoudite et l’Iran», son grand rival régional. Plus prosaïquement, Riyad ferait ainsi payer à Justin Trudeau sa réticence à soutenir les sanctions américaines face à l’Iran, selon lui.

Même son de cloche de la part de David Chatterson, ancien ambassadeur canadien en Arabie saoudite, pour qui la diplomatie canadienne a échoué. «Je crois que nous avons perdu de vue l’objectif de la défense des intérêts du Canada, explique-t-il. Etait-ce de soulager le sort de Raef Badaoui? Si oui, nous avons échoué. Influencer l’orientation générale de l’Arabie saoudite? Je ne crois pas que nous y soyons parvenus. Promouvoir les intérêts canadiens? Non plus. C’est un échec total.»


Les Etats-Unis embarrassés par cette crise

La crise diplomatique d’une virulence inédite entre l’Arabie saoudite et le Canada embarrasse les Etats-Unis, partenaires et alliés des deux pays. «Les deux parties doivent résoudre ceci par la voie diplomatique», a déclaré la porte-parole du Département d’Etat américain, Heather Nauert. «Nous ne pouvons pas le faire à leur place.»

Les Etats-Unis ont «soulevé la question auprès du gouvernement saoudien» et «encouragent le respect des libertés internationalement reconnues et les libertés individuelles», a-t-elle ajouté.

Plus tôt, une autre porte-parole de la diplomatie américaine avait indiqué que les Etats-Unis avaient «demandé au gouvernement saoudien des informations supplémentaires sur la détention de plusieurs activistes». «Nous continuons à encourager le gouvernement saoudien à respecter les droits légaux et à publier des informations sur [ces] affaires judiciaires», avait-elle ajouté.

في مواجهة مع السعودية ، كندا تدافع عن سياسة « أخلاقية » تفرق

من خلال وضع حقوق الإنسان في قلب دبلوماسيتها ، أصبحت كندا تحت غضب السعودية وتخاطر بفقدان عقود مربحة نتيجة لسياسة خارجية « أخلاقية » لا تحضى بالإجماع

بعد ساعات قليلة من الإعلان عن طرد السفير الكندي من الرياض ، أكدت أوتاوا من جديد بصراحة ووضوح ما أرسى سياستها الخارجية منذ وصول جوستين ترودو إلى السلطة عام 2015 : أزمة دبلوماسية أم لا ، لا تنازلات عن « القيم » الإنسانية والتقدمية لكندا.

وقالت وزيرة الخارجية الامريكية كريستيان فريلاند في بيانها الاول يوم الاثنين « فليكن ذلك واضحا للجميع … ستدافع كندا دائما عن حقوق الانسان في كندا وباقي العالم. » بعد إعلان السعودية المفاجئ.

لقد شاركت كندا بشكل خاص لعدة سنوات في دعم عائلة المدون المعارض رائف باداوي ، الذي تم سجنه منذ عام 2012. تعيش زوجته وأطفاله في كيبيك منذ خريف عام 2013. وهذه تغريدة كندية عن القبض على شقيقة رائف بدوي الذي أشعل النار في المسحوق.

لكن قوة أوتاوا يمكن أن تكون مكلفة للاقتصاد الكندي: المملكة العربية السعودية هي ثاني أكبر سوق تصدير لها في منطقة الخليج (1.4 مليار دولار كندي [1.07 مليار فرنك] في عام 2017 ) ، خلف الإمارات العربية المتحدة.
ليس أول عقبة دبلوماسية لجوستين ترودو

على وجه الخصوص ، أعلنت السلطات السعودية « غير مقبول » أن الكنديين يدعون إلى « الإفراج الفوري » عن المسلحين. أعلنت الرياض عن تجميد العلاقات التجارية بين البلدين. تعليق المنح الجامعية لمواطنيها في كندا – أكثر من 15000 سعودي يدرسون في هذا البلد – ونقل آلاف الطلاب. هذا هو العجز الكبير ، وإن كان من الصعب قياسه ، للاقتصاد الكندي.

العقد الأول محتمل التهديد: بيع السيارات الخفيفة المدرعة في الرياض ، والتي تم إبرامها في عام 2014 بمبلغ 15 مليار دولار كندي (11.4 مليار فرنك).

ليست هذه هي المرة الأولى التي تخاطر فيها حكومة جوستين ترودو بخسارة عقد باسم « قيم » بلاده.

في وقت سابق من هذا العام ، تم تجميد عقد لشراء الفلبين لـ14 مروحية كندية لقواتها المسلحة بعد انتقاد أوتاوا للسياسة العضلية لرجل الأرخبيل القوي ، الرئيس رودريغو. Duterte ، وتكرار انتهاكات حقوق الإنسان في هذا البلد.
كندا كنموذج لمتابعة

في المملكة العربية السعودية ، في الفلبين أو في أي مكان آخر ، بالنسبة لزعيم مثل جاستين ترودو ، « هناك لحظة عندما يكون من الضروري من الناحية السياسية اختيار » ، يشرح لوكالة الأنباء الفرنسية فيري دي كيركوف ، الدبلوماسي السابق والباحث السياسي في جامعة أوتاوا.

« من الواضح أنه في نظر العالم ، هناك تصور عن كندا باعتبارها واحدة من آخر المعاقل للدفاع عن النظام الليبرالي الدولي ، الاقتصادي والسياسي والاجتماعي » ، إلى جانب دول مثل كندا. ألمانيا أو فرنسا أو السويد ، يحلل. « ليس من المستغرب أن ننظر إلى كندا في هذا الصدد ، وهذا ما فعلته منظمة العفو الدولية للتو. » دعت المنظمة غير الحكومية الحكومات الأخرى للانضمام إلى كندا للحصول على « الإفراج غير المشروط والفوري عن جميع سجناء الرأي » في المملكة العربية السعودية.
فوائد السياسة الخارجية الأخلاقية

وعلى الرغم من أنه قد يكلفه بعض العقود التجارية ، فإن السياسة الخارجية « الأخلاقية » لحكومة ترودو تتمتع بمزايا أكثر من العوائق طويلة الأجل ، بما في ذلك العوائق الاقتصادية ، كما تقول بسمة مومني ، الأستاذة بجامعة تورنتو. جامعة واترلو (كندا).

« حتى بالنسبة لرجال الأعمال العرب ، عندما يوقعون عقداً مع كندا ، يعرفون من تجربتهم الخاصة ، من ابن عم أو عم ، أن كندا مجتمع متعدد الثقافات ، يحترم حقوق الإنسان . وأعتقد أنه في مواجهة العقود الفاشلة مع بعض الحكومات الاستبدادية ، نحصل على مجموعة كاملة من العقود في مكان آخر على وجه التحديد لأننا نحترم حقوق الإنسان « .
« حقوق الإنسان هي ذريعة »

لكن البعض يشك في أن دعوة أوتاوا لاحترام حقوق الإنسان في المملكة العربية السعودية هي الدافع الحقيقي للأزمة الحالية. وقال أمير عطاران ، الأستاذ بجامعة أوتاوا ، الذي انضمت إليه وكالة الصحافة الفرنسية ، إنه لا علاقة له بحقوق الإنسان. « إنه عذر سيء. هناك قضايا جيوسياسية ، بما في ذلك التنافس الاستراتيجي والثيوقراطي بين المملكة العربية السعودية وإيران ، « منافسه الإقليمي العظيم. وبشكل أكثر واقعية ، ستدفع الرياض جوستين ترودو تردده في دعم العقوبات الأمريكية ضد إيران ، على حد قوله.

وينطبق نفس الشيء على ديفيد تشاترسون ، السفير الكندي السابق في المملكة العربية السعودية ، والذي فشلت الدبلوماسية الكندية في تحقيقه. ويقول: « أعتقد أننا فقدنا الهدف من الدفاع عن مصالح كندا ». هل كان ذلك لتخفيف مصير رائف البداوي؟ إذا كان الأمر كذلك ، فقد فشلنا. التأثير على الاتجاه العام للمملكة العربية السعودية؟ لا أعتقد أننا نجحنا. تعزيز المصالح الكندية؟ لا أكثر إنه فشل كلي. « الولايات المتحدة أحرجت من هذه الأزمة إن الأزمة الدبلوماسية للفتوق غير المسبوق بين السعودية وكندا تحرج الولايات المتحدة وشركائها وحلفائها من كلا البلدين. وقالت المتحدثة باسم وزارة الخارجية الامريكية هيذر نوايرت « يتعين على الطرفين حل هذا من خلال القنوات الدبلوماسية. » واضافت « اننا لا نستطيع ان نفعل ذلك من اجلهم ». واضافت ان الولايات المتحدة « اثارت القضية مع الحكومة السعودية » و « تشجع احترام الحريات والحريات الفردية المعترف بها دوليا ». وفي وقت سابق ، قال متحدث آخر للدبلوماسية الأمريكية إن الولايات المتحدة « طلبت من الحكومة السعودية معلومات إضافية حول اعتقال عدد من النشطاء ». وأضافت « إننا نواصل تشجيع الحكومة السعودية على احترام الحقوق القانونية ونشر المعلومات حول هذه القضايا ».