أطفال الروهنجيا تنجب وسط رعب التطهير العرقي

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Les enfants rohingyas conçus dans l’horreur

Les camps de réfugiés rohingyas, dans le sud du Bangladesh, abritent des milliers de femmes violées par l’armée birmane il y a un peu plus de neuf mois. Les enfants auxquels elles ont donné naissance ces dernières semaines risquent le rejet et l’abandon. Reportage

La nuit de son viol, Hamida était à la maison avec son mari et son fils de 5 ans. «Les soldats ont surgi et ont tué mon mari à coups de couteau, relate la jeune femme de 25 ans vêtue d’un voile noir brodé de perles. Ils m’ont ensuite noué les mains et les pieds, puis violée, chacun son tour.» Son calvaire ne faisait que débuter. «Les militaires m’ont enfermée dans une cage durant une semaine, sans me nourrir, murmure-t-elle de sa voix grave. Chaque jour, je me faisais violer.»

Un gigantesque labyrinthe de cabanes en bambou

Hamida appartient aux Rohingyas, une minorité musulmane persécutée vivant en Birmanie. L’automne dernier, l’armée birmane a tué des dizaines de milliers de membres de cette communauté et brûlé leurs villages. «Un cas d’école de nettoyage ethnique», selon l’ONU. Le frère de Hamida est finalement parvenu à la secourir et ils ont fui, avec son fils, au Bangladesh.

أطفال الروهنجيا تنجب وسط الرعب

تعد مخيمات الروهينغيا للاجئين في جنوب بنغلاديش موطناً لآلاف النساء اللواتي اغتصبهن الجيش البورمي منذ أكثر من تسعة أشهر. الأطفال الذين أنجبتهم في الأسابيع الأخيرة يخاطرون بالرفض والتخلي.
في ليلة اغتصابها ، كانت حميدة في المنزل مع زوجها وابنها البالغ من العمر 5 سنوات. تقول السيدة البالغة من العمر 25 عاماً وهي ترتدي حجاباً أسود مطرزاً باللآلئ: « جاء الجنود وطعنوا زوجي ». ثم قاموا بتقييد يدي وقدماي ، ثم اغتصبوني بالتناوب. « كانت محنتها في بدايتها فقط. « قام الجنود بحبسي في قفص لمدة أسبوع ، دون إطعامي » ، وهي تتذمر بصوتها العميق. كنت اغتصب كل يوم « .
متاهة عملاقة من أكواخ الخيزران
تنتمي حميدة إلى الروهينجا ، وهي أقلية مسلمة مضطهدة تعيش في بورما. في الخريف الماضي ، قتل الجيش البورمي عشرات الآلاف من أعضاء هذا المجتمع وأحرق قراهم. « نمودةا لحالة التطهير العرقي » ، وفقا للأمم المتحدة. تمكن أخ حميدة أخيراً من إنقاذها وهربوا مع ابنها إلى بنغلاديش.

Jubira, 19 ans, a accouché il y a un mois de sa fille Unaica.جوبيرا ، 19 عاما ، أنجبت منذ شهر ابنتها يونايتسا

Ils ont gagné les camps de Cox’s Bazar, un gigantesque labyrinthe de cabanes en bambou aux toits recouverts de bâches accroché à flanc de colline. Près d’un million de Rohingyas y vivent. On y trouve des vendeurs de pop-corn, des poissonniers agitant des éventails pour chasser les mouches et de vieux messieurs en turban assis devant des montagnes de mangues et de concombres. Des enfants nus aux ventres gonflés jouent dans la boue.

Personne ne sait combien de femmes ont été violées par les soldats birmans. Mais un sondage effectué par l’ONU a démontré que 52% des réfugiées avaient été victimes de violence sexuelle. Médecins sans frontières (MSF) a traité 443 victimes de viol. The Hope Foundation, une ONG locale, en a soigné 102 durant les cinq premiers mois de la crise. Tous l’assurent: ce n’est que la pointe de l’iceberg. Le camp abrite des milliers de femmes violées.

Senuara, une femme de 35 ans aux dents rougies par le bétel, était enceinte de huit mois lorsque les soldats birmans sont venus la trouver. «Ils ont abattu mon fils de 18 ans, puis m’ont attachée à un arbre, se remémore-t-elle. Neuf soldats m’ont violée, pendant que trois autres me frappaient à coups de fusil et de bottes. Cela a duré six heures.» Son beau-frère et son cousin ont dû la porter durant les trois jours de marche jusqu’au camp. A l’arrivée, elle a accouché d’un enfant mort-né. «Chaque nuit, j’en fais des cauchemars», confie-t-elle.

ذهبوا إلى معسكرات كوكس بازار ، وهي متاهة ضخمة من أكواخ الخيزران مع أسقف من القماش المشمع معلقة على جانب التل. ما يقرب من مليون روهينجيا يعيشون هناك. هناك باعة من الفشار ، تجار السمك يلوحون بالمراوح لمطاردة الذباب والسادة القديمة في العمامة يجلس أمام جبال المانجو والخيار. أطفال عراة مع بطون منتفخة يلعبون في الوحل.
لا أحد يعرف عدد النساء اللاتي تعرضن للاغتصاب من قبل الجنود البورميين. ولكن أظهر استطلاع أجرته الأمم المتحدة أن 52٪ من اللاجئين كانوا ضحايا للعنف الجنسي. عالجت منظمة أطباء بلا حدود 443 من ضحايا الاغتصاب. اهتمت مؤسسة الأمل ، وهي منظمة غير حكومية محلية ، بـ 102 خلال الأشهر الخمسة الأولى من الأزمة. كل ذلك يؤكد: هذا ليس سوى غيض من فيض. المخيم هو موطن لآلاف من النساء المغتصبات.
كانت سينوارا ، وهي امرأة تبلغ من العمر 35 عاماً ولها أسنان حمراء من التنبول ، حاملاً في شهرها الثامن عندما جاء الجنود البورميون للعثور عليها. وتتذكر قائلة « لقد أطلقوا النار على ابني البالغ من العمر 18 عاما ثم ربطوني إلى شجرة ». اغتصبني تسعة جنود ، بينما قام ثلاثة آخرون بضربي ببنادق وأحذية. واستغرقت ست ساعات « كان على صهرها وابن عمها حملها طوال الثلاثة أيام من المشي إلى المخيم. عند وصولها ، أنجبت طفلا ميتا. « كل ليلة لدي كوابيس » ، كما تقول.

Des abris de fortune et de la boue: le quotidien des réfugiés الملاجئ والطين ثروة: الحياة اليومية للاجئين

«Je n’aurais pas pu m’occuper de cet enfant»

Pour certaines de ces femmes, l’horreur n’était pas terminée. Hasina avait 15 ans lorsque les soldats birmans ont envahi son village, brûlé toutes les maisons et emmené les femmes dans la forêt pour les violer. Quelques semaines plus tard, elle a découvert qu’elle était enceinte. Elle n’a pas hésité. «J’ai pris une pilule abortive, raconte l’adolescente. Je regrette d’avoir mis fin à une vie, mais je n’aurais pas pu m’occuper de cet enfant et je n’aurais jamais trouvé de mari.»

Hasina fait partie des chanceuses. Les ONG et les médecins qui œuvrent dans les camps ont vu des dizaines de femmes arriver dans leurs centres avec des hémorragies, suite à un avortement raté. «Certaines avaient avalé la fausse dose de pilule abortive, d’autres avaient pris des médicaments normalement utilisés pour provoquer des contractions, d’autres encore avaient subi une intervention pratiquée à l’aide d’un bâton ou d’un crochet», détaille Nrinmoy Biswas, un gynécologue de Hope Foundation.

Au Bangladesh, les avortements sont autorisés jusqu’à 12 semaines de grossesse. Mais de nombreuses victimes de viol rohingyas, exclues du système de santé en Birmanie, n’ont pas su comment s’y prendre ou n’ont découvert qu’elles étaient enceintes que vers cinq ou six mois. Elles ont dû garder ces enfants.

Durant neuf mois, elles ont attendu, terrées dans leurs huttes de bambou, que le bébé arrive. Car dans cette communauté musulmane très conservatrice, les femmes violées ne sont pas vues d’un bon œil. Khustridar, une travailleuse sociale rohingya qui œuvre avec MSF, a rencontré des femmes à qui l’on a dit «Pourquoi tu ne t’es pas enfuie?» ou «Tu as dû flirter avec les soldats s’ils t’ont violée».

Des jeunes femmes ont vu leurs fiançailles rompues. D’autres ont été mariées à la hâte pour dissimuler leur grossesse. Certaines ont été violées une deuxième fois, par les membres de leur communauté cette fois.

« لم يكن بوسعي رعاية هذا الطفل »
بالنسبة لبعض هؤلاء النساء ، لم ينته الرعب. كانت حسينة في الخامسة عشرة من عمرها عندما قام جنود بورما بغزو قريتها وأحرقوا جميع المنازل وأخذوا النساء إلى الغابة ليغتصبوهن. وبعد أسابيع قليلة ، اكتشفت أنها حامل. هي لم تتردد. يقول المراهق: « أخذت حبوب الإجهاض ». أنا آسف لأنني أنهيت حياتي ، لكني لم أتمكن من رعاية هذا الطفل ، ولم أجد زوجًا أبداً.  »
حسينة هي واحدة من المحظوظين. وقد شهدت منظمات غير حكومية وأطباء يعملون في المخيمات وصول عشرات النساء إلى مراكزهن بالنزيف بعد الإجهاض الفاشل. « بعض ابتلع جرعة خاطئة من حبوب منع الحمل والإجهاض، والبعض الآخر أخذ الأدوية التي تستخدم عادة للحث على تقلصات، وآخرين خضعت لإجراءات تنفيذ باستخدام عصا أو هوك » تفاصيل نرينموي بيسواس ، أخصائية أمراض النساء في مؤسسة الأمل.
في بنجلاديش ، يُسمح بالإجهاض لمدة تصل إلى 12 أسبوعًا من الحمل. لكن العديد من ضحايا اغتصاب الروهينجا ، المستبعدين من النظام الصحي في بورما ، لم يعرفوا كيف يذهبون إليه أو اكتشفوا أنهن حامل حتى حوالي خمسة أو ستة أشهر. كان عليهم الحفاظ على هؤلاء الأطفال.
لمدة تسعة أشهر ، انتظروا ، متحصنين في أكواخهم المصنوعة من الخيزران ، لكي يصل الطفل. لأنه في هذه الجالية المسلمة المحافظة ، لا ينظر إلى النساء المغتصبات بشكل إيجابي. Khustridar، عاملة اجتماعية روهينغيا الذي يعمل مع منظمة أطباء بلا حدود اجتمع مع النساء اللواتي وقال « لماذا لم تهرب؟ » أو « هل كان لمغازلة مع الجنود اغتصبوا لكم » .
الشابات انخرطت مشاركتهم. تم تزويج الآخرين على عجل لإخفاء حملهم. تعرضت بعضهن للاغتصاب للمرة الثانية من قبل أفراد مجتمعهن هذه المرة.
عندما علم زوج ماهر البالغ من العمر 25 عاما أنها تعرضت للاغتصاب من قبل الجنود البورميين ، هو
مرفوض

Lorsque le mari de Meher, 25 ans, a appris qu’elle avait été violée par des soldats birmans, il l’a rejetée. Julie Zaugg pour Le Temps

«C’est ma fille et je l’aime»

Le mari de Meher était encore aux champs lorsque les militaires birmans ont sauvagement violé sa femme devant ses deux enfants de 2 et 5 ans. Après avoir appris ce qui lui était arrivé, il l’a rejetée. «Il m’a dit que je n’étais plus sa femme, car j’avais couché avec un autre homme», livre cette femme menue de 25 ans. Durant le trajet jusqu’au camp, il a refusé de lui parler ou même de la regarder.

Lorsqu’elle a appris qu’elle était enceinte, ce fut pire encore. «Il a exigé que je me débarrasse du bébé», glisse-t-elle, en larmes. Elle a tenté d’avorter, en prenant une pilule achetée dans le camp, mais cela n’a pas marché. Début juin, Meher a ressenti ses premières contractions. Son mari, toujours fâché, a refusé de l’aider. Alors elle a accouché seule, sur le sol en terre battue de sa cabane.

Lorsqu’elle a vu son bébé, elle a tout de suite su qu’elle voulait l’appeler Yasmin. «Elle est complètement à moi, c’est ma fille et je l’aime», dit-elle en berçant le nouveau-né, emmitouflé dans une couverture à carreaux. Au bout de quelques jours, le regard de son mari a commencé à changer. «Il joue avec Yasmin, lui sourit, lui donne de l’amour», dit Meher, son visage illuminé par un sourire.

Beulla n’a pas eu cette chance. Durant sa grossesse, la jeune femme de 21 ans avait tout fait pour cacher son ventre. Elle n’était pas mariée et personne ne devait apprendre son viol. Un jour particulièrement noir, elle a tenté de se suicider en buvant du poison. Mais lorsque sa fille Nursadiya est arrivée, tout a changé.

«J’ai tant aimé m’en occuper, livre-t-elle devant son berceau vide, un sac de riz suspendu au plafond orné de ballons colorés. Je voulais la garder mais mes parents m’ont obligée à la donner à une cousine et à son mari, qui ne pouvaient pas avoir d’enfants.» Elle pourra voir sa fille de temps à autre. «Mais je ne lui dirai jamais la vérité sur ses origines.»

Le berceau vide d’un bébé issu d’un viol que sa mère a fait adopter. Julie Zaugg pour Le Temps

«La peau plus claire et les traits chinois»

Les ONG disent avoir recueilli une dizaine de bébés abandonnés. «Certains nous sont apportés, d’autres sont simplement laissés dans le camp, détaille Giulia Maistrelli, une sage-femme de MSF. Une fillette a été retrouvée dans les latrines.» L’organisation les remet à l’ONG Save the Children et à l’Unicef, qui ont créé un système d’accueil informel, composé de familles rohingyas prêtes à les héberger et de nourrices pour les allaiter.

Jubaira sourit en regardant Unaica, sa fille âgée de un mois. «Mon mari a promis de s’en occuper comme s’il s’agissait de son enfant», raconte la timide jeune fille de 19 ans. Les époux avaient perdu un premier bébé, décédé juste après sa naissance, et rêvaient d’en avoir un autre. Mais Jubaira s’inquiète pour l’avenir de sa fille. Elle grandira à Cox’s Bazar, le plus grand camp de réfugiés du monde. Certains Rohingyas y sont depuis la fin des années 1970, après avoir fui une première vague de répression.

Jubaira devra aussi à tout prix éviter que les autres résidents du camp ne découvrent qu’elle est issue d’un viol. «Ces enfants risquent d’être discriminés tout au long de leur vie, craint Iftikher Mahmood, qui a fondé The Hope Foundation. A les regarder, on voit tout de suite qu’ils sont à moitié bamars (l’ethnie majoritaire en Birmanie, ndlr). Ils ont la peau plus claire et les traits chinois.»

إنها ابنتي وأنا أحبها »

كان زوج ميهير لا يزال في الحقول عندما قام الجنود البورميون باغتصاب زوجته بوحشية أمام طفليه اللذين تتراوح أعمارهم بين 2 و 5 سنوات. بعد معرفة ما حدث له ، رفضه. تقول هذه المرأة البالغة من العمر 25 عاماً: « أخبرني أنني لم أعد زوجتي ، لأنني نمت مع رجل آخر ». خلال رحلته إلى المعسكر ، رفض التحدث إليها أو حتى لمشاهدتها.
عندما اكتشفت أنها حامل ، كان الأمر أسوأ. تقول وهي تبكي: « لقد طلب مني التخلص من الطفل ». حاولت الإجهاض ، أخذ حبة اشتريتها من المخيم ، لكنها لم تنجح. في أوائل يونيو ، شعر مهر بأول تقلصات له. ورفض زوجها ، الذي ما زال غاضباً ، مساعدته. لذا ولدت وحدها ، في الطابق الترابي من مقصورتها.
عندما رأت طفلتها ، عرفت على الفور أنها تريد الاتصال به ياسمين. « إنها لغم تماما ، وهي ابنتي ، وأنا أحبها » ، كما تقول ، وهي تهز المولود الجديد ، ملفوفة ببطانية منقوشة. بعد بضعة أيام ، بدأت عين زوجها تتغير. وقال ميهار وهو وجهه الذي أضاء بابتسامة « انه يلعب مع ياسمين ويبتسم له ويعطيه الحب. »
لم يكن بعلا لديه هذه الفرصة. خلال فترة الحمل ، كانت الفتاة البالغة من العمر 21 عامًا قد فعلت كل شيء لإخفاء بطنها. لم تكن متزوجة ولم يتعلم أحد عن اغتصابها. في يوم مظلم للغاية ، حاولت أن تقتل نفسها بشرب السم. ولكن عندما وصلت ابنتها نورذادية ، تغير كل شيء.
« أحب حقا أن أعتني به » ، كما تقول أمام سريرها الفارغ ، وهي حقيبة من الأرز تتدلى من السقف مزينة بالونات ملونة. كنت أرغب في الاحتفاظ بها ولكن والدي أجبرني على إعطائها إلى ابن عمه وزوجها، الذي لا يمكن أن يكون الأطفال. « وقالت إنها يمكن أن ترى ابنتها من وقت لآخر. « لكنني لن أقول له الحقيقة حول أصوله. »
مهد الطفل الرضيع من الاغتصاب الذي تبنته أمه. جولي زاغو للوقت
« البشرة الفاتحة والسمات الصينية »
وتقول المنظمات غير الحكومية إنها جمعت 12 طفلاً مهجوراً. تقول جوليا ميسترلي ، وهي قابلة أطباء من منظمة أطباء بلا حدود: « يتم إحضار البعض إلينا ، والبعض الآخر يترك ببساطة وراءهم ». تم العثور على فتاة في المرحاض « . وتدعو المنظمة إلى إنقاذ الطفولة واليونيسيف، الذي أنشأ نظام استقبال رسمي يتكون من أسر روهينغيا على استعداد لاستضافتهم وللممرضين والممرضات الرضاعة الطبيعية.

ابتسمت الجبيرا وهي تنظر إلى أوناكا ، ابنتها البالغة من العمر شهراً واحداً. تقول الفتاة الخجولة البالغة من العمر 19 عاماً: « وعد زوجي بالعناية بها كما لو كان ابنه ». كان الزوجان قد فقدا طفلهما الأول ، اللذان توفيا بعد ولادتهما ، وحُلم بهما طفل آخر. لكن الجبيرا قلقة بشأن مستقبل ابنتها. ستنشأ في كوكس بازار ، أكبر مخيم للاجئين في العالم. بعض الروهينجا كانوا هناك منذ أواخر السبعينيات ، بعد فرارهم من أول موجة من القمع.
كما يتعين على الجبيرا منع سكان المخيم الآخرين من اكتشاف أنها تعرضت للاغتصاب. « يخاطر هؤلاء الأطفال بالتمييز ضدهم طوال حياتهم ، » يخشى افتخار محمود ، الذي أسس مؤسسة الأمل. للنظر إليها ، نرى على الفور أنها نصف bamars (غالبية المجموعة العرقية في بورما ، إد). لديهم جلد أخف وميزات صينية  » للاغتصاب. « يخاطر هؤلاء الأطفال بالتمييز ضدهم طوال حياتهم ، » يخشى افتخار محمود ، الذي أسس مؤسسة الأمل. للنظر إليها ، نرى على الفور أنها نصف bamars (غالبية المجموعة العرقية في بورما ، إد). لديهم جلد أخف وميزات صينية « .

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